Lexique · Facturation & devis

Facturation électronique : ce qui est obligatoire depuis 2026

7 min de lecture · Mis à jour le 15 septembre 2026
Définition La facturation électronique est l'obligation, pour les entreprises assujetties à la TVA établies en France, d'émettre, de transmettre et de recevoir leurs factures entre elles sous une forme électronique structurée, par l'intermédiaire d'une plateforme agréée. Un PDF envoyé par e-mail n'est pas une facture électronique au sens de la réforme : la facture porte des données structurées, dans l'un des formats du socle (UBL, CII ou Factur-X).
La fiche complète

La réforme est en vigueur depuis le 1er septembre 2026. Qui est concerné, quand, avec quels formats et par quelle plateforme, et ce qu'il reste à préparer avant l'émission de 2027.

L'essentiel en bref
  • Un PDF envoyé par e-mail n'est pas une facture électronique : la réforme impose des données structurées et une plateforme agréée.
  • Réception obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA depuis le 1er septembre 2026, micro-entreprises comprises.
  • Émission : grandes entreprises et ETI depuis le 1er septembre 2026, PME et micro-entreprises au plus tard le 1er septembre 2027.
  • Trois formats du socle : UBL, CII et Factur-X, un format mixte qui associe des données XML et un PDF lisible.
  • E-reporting en parallèle : les données des ventes aux particuliers et des opérations avec l'étranger partent vers l'administration, par la plateforme agréée.
I Le calendrier

Qui est concerné, et quand exactement ?

Le périmètre : les ventes de biens et les prestations de services entre assujettis à la TVA établis en France, franchisés en base compris. Les ventes aux particuliers et les opérations avec des clients établis à l'étranger ne passent pas par la facture électronique mais par l'e-reporting, la transmission de données à l'administration. Les opérations dispensées de facturation au titre des articles 261 à 261 E du code général des impôts restent hors du dispositif.

ÉchéanceQuiObligation
1er sept. 2026Toutes les entreprises assujetties à la TVARecevoir les factures électroniques
1er sept. 2026Grandes entreprises et ETIÉmettre les factures électroniques et transmettre l'e-reporting
1er sept. 2027PME et micro-entreprisesÉmettre les factures électroniques et transmettre l'e-reporting

La taille de l'entreprise s'apprécie au 1er janvier 2025, sur le dernier exercice clos avant cette date, selon les critères de la loi de modernisation de l'économie.

Le point que beaucoup de dirigeants ratent : la réception concerne tout le monde depuis le 1er septembre 2026. Vos fournisseurs grandes entreprises et ETI, par exemple d'énergie, de téléphonie ou d'accès à internet, émettent désormais leurs factures électroniques. Si vous n'avez pas choisi de plateforme de réception, votre adresse ne figure pas dans l'annuaire : leur plateforme les informe que la facture n'a pas pu être délivrée, et elle ne peut vous parvenir qu'à titre exceptionnel, par e-mail ou par courrier.

Pourquoi cette réforme : la DGFiP lui fixe deux objectifs, renforcer la compétitivité des entreprises grâce à la dématérialisation, avec à terme le pré-remplissage des déclarations de TVA, et lutter plus efficacement contre la fraude à la TVA. Elle estime les gains pour les entreprises à 4,5 milliards d'euros par an.

2026
réception obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA (1er sept.)
2027
émission obligatoire pour les PME et micro-entreprises (au plus tard le 1er sept.)
50 €
d'amende par facture non émise sous forme électronique, plafonnée à 15 000 € par an (CGI, art. 1737)
II Le dispositif

Formats, plateformes, e-reporting : le dispositif en clair

Les trois formats du socle. Les plateformes agréées respectent un socle minimum de formats conformes à la norme européenne EN 16931 :

  • UBL (Universal Business Language) : des données structurées au format XML ;
  • CII (Cross Industry Invoice) : des données structurées au format XML ;
  • Factur-X : un format mixte, qui associe un fichier de données structurées au format XML et un fichier lisible au format PDF.

La facture comporte 34 données obligatoires en format structuré. Quatre servent à bien l'adresser : le SIREN du client, la catégorie de l'opération (vente, prestation de services ou les deux), l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits, et l'adresse de livraison si elle diffère de celle du client.

Le circuit. La facture ne part plus directement chez le client : elle passe de la plateforme agréée du fournisseur à celle du client, trouvée grâce à l'annuaire géré par l'État. Les plateformes transmettent à l'administration les données prévues par la loi ; les factures, elles, ne sont pas centralisées par l'administration. Les statuts de la facture sont partagés en temps réel, horodatés et opposables.

Pas de plateforme gratuite de l'État. Toutes les factures passent par une plateforme agréée. Selon la DGFiP, au 1er août 2026, plus d'une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient des offres gratuites ou sans surcoût pour les besoins essentiels ; la fiche PDP détaille les critères de choix.

L'e-reporting. Pour les ventes aux particuliers et les opérations avec l'étranger, pas de facture électronique, mais une transmission périodique de données à l'administration par la plateforme agréée ; s'y ajoutent les données de paiement des prestations de services. La fréquence dépend du régime de TVA, détaillée dans la fiche e-reporting.

Les sanctions. Selon la DGFiP, ne pas émettre une facture sous forme électronique expose à une amende de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile, la première infraction n'étant pas sanctionnée (CGI, art. 1737). L'absence de plateforme de réception expose à une amende de 500 € après une mise en demeure de trois mois restée sans effet, puis de 1 000 € par nouvelle période de trois mois (CGI, art. 1737, IV bis). Les manquements à l'e-reporting relèvent de l'article 1788 D du CGI. Pendant la phase de démarrage, l'administration annonce qu'elle ne sanctionnera pas les entreprises engagées dans une démarche sérieuse de mise en conformité, sans que l'obligation soit suspendue.

1
Choisir sa plateforme de réception obligatoire
Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir depuis le 1er septembre 2026. Choisissez une plateforme de la liste officielle ; vous pourrez en changer.
2
Vérifier sa fiche dans l'annuaire SIREN
Cherchez votre SIREN dans l'annuaire de la facturation électronique : la fiche indique si une adresse de réception active a été déclarée.
3
Compléter les données clients 4 mentions
SIREN du client, catégorie de l'opération, option pour la TVA d'après les débits, adresse de livraison si elle diffère : ces données servent à adresser correctement la facture.
4
Préparer l'émission 1er sept. 2027
Les PME et micro-entreprises émettront leurs factures électroniques et transmettront l'e-reporting au plus tard à cette date. D'ici là, elles peuvent continuer à facturer selon leurs modalités habituelles.

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III Questions fréquentes

Les réponses aux questions qu'on nous pose le plus.

Mon PDF envoyé par e-mail reste-t-il valable après septembre 2026 ?

Cela dépend de votre taille. Une PME ou une micro-entreprise peut continuer à émettre ses factures selon ses modalités habituelles jusqu'au 1er septembre 2027, et un client ne doit pas refuser de traiter ou de payer une facture au seul motif qu'elle n'est pas électronique. Les grandes entreprises et les ETI émettent leurs factures électroniques depuis le 1er septembre 2026. Les factures adressées au secteur public passent déjà par Chorus Pro, et la réforme ne concerne pas les factures aux particuliers, dont les données relèvent de l'e-reporting.

Combien coûte la mise en conformité ?

Selon la DGFiP, au 1er août 2026, plus d'une dizaine des 150 plateformes agréées proposaient des offres gratuites ou sans surcoût, répondant aux besoins essentiels des plus petites structures. Le choix se fait selon vos besoins, votre activité et le volume de factures échangées. La DGFiP estime que les gains de productivité, avec moins de saisies, de contrôles et de relances, compenseront rapidement les coûts d'adaptation.

Que se passe-t-il pour les factures vers des clients étrangers ?

Les opérations avec un client assujetti établi à l'étranger, par exemple une exportation ou une livraison intracommunautaire, n'entrent pas dans la facturation électronique, et la réforme ne change pas les règles de TVA. Leurs données relèvent en revanche de l'e-reporting, transmis par votre plateforme agréée. Le réseau Peppol, canal officiel en Belgique, est facultatif en France, où il sert d'infrastructure complémentaire entre plateformes agréées.

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